Depuis toujours, j’avance avec une intuition forte et un pas souvent en avance sur mon temps.
De Mille et Une Feuilles à mes accompagnements, des médias à mes engagements collectifs, mon chemin est fait d’élans, de créativité et de cette capacité presque viscérale à changer de cap quand je sens que c’est juste.
Apprendre à tout âge est une valeur qui me tient à cœur. Le ‘lifelong learning’ est ma boussole. Lire, écouter des podcasts — qu’ils soient de vulgarisation scientifique ou centrés sur le bien‑être humain et canin — se former : explorer et expérimenter, c’est rester vivant et continuer à évoluer, quel que soit l’âge.
Mais 2025 n’a pas été une année comme les autres. 2025 m’a appris. Profondément. Définitivement.
La perte, l’amour et ce qui reste
Depuis ma tendre enfance, ma plus grande peur est la disparition de mon père.
Il a déjà vécu plusieurs vies, traversé des changements, des distances, des tournants importants. Et pourtant, malgré tout cela, il est toujours là pour moi. Constamment. Fidèlement. Nous sommes toujours là l’un pour l’autre.
Mon père est parti en juin, après s’être battu avec détermination et courage.
2025 est l’année où je suis devenue orpheline, ayant déjà perdu ma mère en 2019.
Notre relation était fusionnelle, rare, hors norme. Je l’ai toujours su.
Mais ce sont les mots des proches, leurs regards, parfois leurs silences, qui sont venus le confirmer avec une force inattendue. Ils ont mis des mots sur ce lien unique, comme s’ils validaient ce que nous savions déjà, lui et moi : nous étions profondément reliés.
Je l’avais tous les jours au téléphone. Chaque jour.
Et cette présence quotidienne me manque profondément, viscéralement. Son absence est immense. Profonde. Vertigineuse.
J’ai eu le privilège de l’accompagner en fin de vie pendant six mois, malgré les 700 km qui nous séparaient, tout en restant présente pour les personnes que j’accompagne. J’ai tenu cet équilibre fragile, parce que je savais que j’étais exactement à ma place.
Il m’a laissé un héritage immatériel, plus précieux que tout : la force du travail, qui donne courage et ténacité, la liberté de pensée, qui permet de rester fidèle à soi, et l’importance d’être dans l’action plutôt que dans les discours, de ne pas se contenter de parler mais de vivre pleinement. Il m’a transmis l’intuition nécessaire pour écouter mes besoins et ceux des autres, l’amour inconditionnel qui soutient et relie, et cette certitude profonde qu’il faut vivre intensément, avec audace, authenticité et sans regret.
Tout ce que je suis aujourd’hui porte son empreinte, et cette force continue de m’accompagner dans chaque choix, chaque pas, chaque moment de ma vie.
Depuis cette perte, certains liens au sein de la fratrie se sont resserrés avec évidence ; d’autres, au contraire, font mal. Ils m’ont imposé des choix de distance nécessaires, non par rejet, mais pour me protéger et préserver mon intégrité. Cette épreuve m’a aussi fait prendre conscience de la présence précieuse d’une famille plus éloignée et d’amis qui ont su être là, simplement, au bon endroit, au bon moment, quand il le fallait.
2025 m’a appris que l’on peut vaciller sans tomber. Que l’on peut traverser le chagrin en restant debout.
Et que certaines forces naissent précisément dans l’absence.
Mes enfants devenus adultes
Mes enfants sont devenus adultes. Et c’est, pour moi, une joie immense.
Ils ont été présents, solides, attentifs et profondément touchants, même à distance. Ils savent sentir quand j’ai besoin d’eux. Ils ont su prendre le relais, avec une évidence naturelle, sans que je n’aie quoi que ce soit à demander.
Ce passage de parent/enfant à adulte/adulte est l’un des plus beaux cadeaux que la vie offre. Savoir que je peux compter sur eux, comme ils peuvent compter sur moi, est une richesse inestimable.
Ils portent ce sens de la famille profond, instinctif, celui qui relie et soutient. Je leur ai transmis ce que mon père m’a transmis. Et aujourd’hui, ils me le rendent au centuple.
Les voir avancer, sur leur propre chemin, avec courage et lucidité, fidèles à ce qu’ils sont, me touche profondément.
Prendre soin de soi n’est pas un luxe
Pour ne pas me perdre, je me suis écoutée. Plus exactement : j’ai écouté mes besoins. Je ne l’ai pas appris en 2025. Je l’ai toujours fait.
Je me suis offert deux semaines en solo à Chantilly, uniquement avec mon chien. Partir sans mon conjoint n’est pas contre lui, mais pour moi. C’est un espace dont j’ai besoin pour respirer, penser, me retrouver. Et il l’a bien compris. J’y ai retrouvé une rencontre à la fois amicale et professionnelle, auprès de qui j’aime apprendre et partager — une présence juste, nourrissante, évidente.
J’ai aussi voyagé. Loin. En conscience.
Le Kenya a surgi dans la brutalité du deuil. Je suis partie 72 heures après le décès de mon père, l’esprit soulagé d’avoir pris les dispositions nécessaires pour ses obsèques, prévues à mon retour. Ce voyage, prévu de longue date, n’était pas une fuite, mais une nécessité organique. Sans demander l’autorisation, sans me justifier, je me suis affranchie du regard des autres pour me reconnecter à la puissance du vivant. Là-bas, j’ai trouvé un écho à ma douleur et un rythme juste pour l’apprivoiser. Ne pas partir n’aurait rien changé pour lui ; partir a tout changé pour moi. C’était ma manière, profondément alignée, de traverser l’absence.
L’Ouzbékistan, lui, a été avant tout un voyage culturel. Un pays étonnant, dense et déroutant, où la splendeur des monuments et des paysages m’en a littéralement mis plein les yeux. Au carrefour de la Route de la soie, ce voyage a pris pour moi une dimension symbolique : parcourir ces lieux l’année même où j’ai vendu ma papeterie, après 19 ans d’aventure, m’a rappelé le lien entre transmission et temps long. Ce mélange fascinant d’héritages turcs, perses, mongols et russes raconte une histoire ancienne et prestigieuse. Chaque ville, chaque détail a nourri mon besoin de compréhension, de sens, de profondeur. Il m’a rappelé combien voyager, se déplacer, c’est aussi déplacer son regard.
Prendre soin de soi n’est pas un luxe. C’est une responsabilité. Et parfois, cela passe par des choix que les autres ne comprennent pas — mais que, intérieurement, tout confirme.
Une année de transitions et de projets
2025 m’a appris qu’il faut que je me réinvente et que j’ajuste.
Je sens que je suis à un tournant de ce côté-là aussi. La chute du pouvoir d’achat, combinée à mes absences pour accompagner mon père, au deuil et à mes périodes de ressourcement, a entraîné un ralentissement de mon activité en cabinet, que j’ai choisi d’accueillir comme une opportunité de refonte totale.
Je réunis donc, sous une même entité, la « technique » (SEO, stratégie et visibilité en ligne) et l’ « être » (développement personnel). J’en profite pour remettre en avant mes accompagnements pour adultes et indépendants, revoir mon offre et préparer de nouvelles initiatives pour 2026.
L’un de mes projets a déjà pris forme à travers l’atelier Mon chien, ce miroir, qui a vu le jour en septembre. Je l’animerai désormais seule, en visio, et il rencontre un réel enthousiasme.
Engagements, visibilité… et lucidité
Mon engagement m’a menée dans les médias : presse, web, radio, télévision. Ces prises de parole racontent un parcours fait de constance, d’exigence et de passion. Toutes ces publications sont toujours visibles dans l’espace presse de Mille et Une Feuilles.
J’ai aussi connu d’autres formes d’engagement : associée d’une coopérative d’activité, membre actif de plusieurs associations de femmes entrepreneures, implication collective…
Et puis il y a eu cette expérience institutionnelle, en tant que conseillère municipale.
En 2019, on est venu me chercher pour des compétences précises, qui n’ont finalement jamais été exploitées. J’ai proposé, insisté, levé la main à de nombreuses reprises. En vain. 6 ans dans l’inactivité, c’est long et cela ne me ressemble pas.
J’en ressors déçue, mais lucide. J’ai énormément appris sur l’envers du décor, les dynamiques internes, la réalité du terrain. Et une chose est désormais très claire : la politique, ce n’est pas un espace dans lequel je me reconnais.
2025 m’a appris que je préfère agir à ma manière.
Avec authenticité, liberté et sens.
Conclusion
2025 a été une année de bascule :
– J’ai transmis Mille et Une Feuilles, ma papeterie en ligne, cette entreprise où je me suis épanouie durant 19 ans et qui a grandi en même temps que mes enfants. Je tourne la page de l’e‑commerce pour me consacrer pleinement à l’humain.
– J’ai fusionné mes sites d’accompagnement, Mes ateliers SEO et Stéphanie Rivier, parce que less is more. J’ai ressenti le besoin de rassembler mes expertises sous une seule identité, afin de proposer un accompagnement global aux adultes et aux indépendants. L’objectif ? Que la visibilité en ligne devienne le prolongement d’un alignement intérieur profond.
– J’ai passé et obtenu l’ACACED, alors que je venais de perdre mon père et que je n’y connaissais rien en chiens. Ce fut un défi de rigueur qui m’a permis d’acquérir les connaissances nécessaires et de prouver ma capacité à intervenir dans ce domaine, ouvrant la voie à de nouveaux projets autour de la relation humain‑chien et à une activité régulière de cynotechnie avec mon Uros.
2025 a été une année où j’ai parfois failli me perdre. Mais c’est aussi une année où j’ai choisi de rester fidèle à moi‑même, d’écouter mes besoins et d’avancer, portée par tout ce que mon père m’a transmis.
Elle m’a appris une vérité profonde : tenir debout n’est pas une simple posture.
C’est un choix courageux, un acte d’amour envers soi-même, une manière de continuer à grandir et à créer, envers soi et envers le monde.
Et vous, qu’avez-vous appris de vous-même en 2025 ?