Lors de ma formation en Psychopédagogie Positive, j’ai eu la chance de rencontrer de belles personnes.

Elles font désormais parties de mon réseau et de celles sur qui je peux compter à titre professionnel, mais pas que …

Nous voilà parti pour le tour de France des Praticiennes en Psychopédagogie Positive et commençons aujourd’hui par Edwige Plé, fraichement installé à Chalonnes sur Loire.
 

Bonjour Edwige, tu es depuis peu certifiée en psychopédagogie Positive, peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours ?

Edwige Plé Psychopédagogue PositiveJe suis avant tout passionnée par le monde de l’enfance et la jeunesse, la réalisation de soi et le bonheur.
Je me suis enrichie de mon parcours d’enseignante et de directrice d’école. J’ai très rapidement porté un intérêt primordial à la souffrance scolaire face à la réalité du terrain. Je n’ai jamais pu accepter qu’un enfant ne sourit pas à l’école et ne parvienne pas à être dans une dynamique heureuse d’apprentissage et d’évolution, que des parents et des enseignants se sentent démunis.
J’ai toujours œuvré avec énergie pour soutenir et accompagner ceux qui en avaient besoin, avec mes connaissances du moment, pour favoriser l’épanouissement et la réussite de chacun si importante à mes yeux.
Avec le temps j’ai ressenti le besoin de renforcer mes compétences et d’œuvrer de manière plus large. J’ai fait le choix de démissionner de l’Education Nationale pour me consacrer à un projet qui me tenait à cœur : agir pour favoriser la réussite et le bien-être scolaire.
Je me suis alors engagée dans un parcours de formation en psychopédagogie positive sur Paris auprès d’Isabelle Pailleau et Audrey Akoun, pour concrétiser ce projet.
La psychopédagogie positive répondait à mes attentes : renforcer mes connaissances sur le développement de l’enfant et surtout disposer d’une large gamme d’outils pour répondre à des problématiques scolaires très variées. Elle permet d’appréhender les blocages et souffrances scolaires en intégrant la dimension cognitive (le fonctionnement du cerveau), la dimension émotionnelle et corporelle, ce qui est indispensable à mes yeux. Il est à mon avis temps de prendre en compte l’enfant dans son ensemble et non plus comme un cerveau soi-disant vide qu’on a simplement à « remplir ».
Je vis également tout cela à travers les yeux de mes deux enfants Camille et Romain, qui me le prouvent chaque jour. Être maman à leurs côtés m’enrichit au quotidien !

 

Tu viens de lancer le réseau et l’association Dessine-moi une Etincelle, peux-tu nous en dire un peu plus ?

Cet engagement fait suite à de nombreuses années de réflexion.
Les apprenants d’aujourd’hui n’ont plus les mêmes besoins que nos grands-parents. Nous sommes dans une société en pleine mutation qui nécessite de repenser les approches pédagogiques. Un nombre de plus en plus important d’enfants ne rentrent plus dans le moule scolaire pensé jadis et en souffrent terriblement. Ce ne sont pas eux qui sont « malades » mais c’est notre regard sur eux qui doit évoluer et s’adapter.
Mettre mon énergie au service de cette Transition Educative était une évidence de plus en plus grande pour moi face à mon vécu sur le terrain. Je le ressens comme une véritable mission de vie. L’enfance représente l’avenir !
J’ai donc co-fondé l’Association Dessine-moi une Etincelle pour apporter ma contribution à ce grand « chantier » du 21ème siècle, avec beaucoup d’humilité mais aussi une grande volonté et motivation !
L’association porte deux objectifs :
Sensibiliser, Informer et former les familles et les enseignants sur les besoins des apprenants d’aujourd’hui en proposant des conférences, des groupes d’échanges et des interventions dans les établissements scolaires.
Améliorer l’accompagnement des apprenants se trouvant en situation de difficulté et souffrance scolaire.
C’est ce second objectif qui a conduit à la naissance du réseau de professionnels Dessine-moi une Etincelle regroupant à ce jour : une psychopédagogue positive (moi-même 😊), une sophrologue, une hypnothérapeute, une praticienne en NeuroFeedback, une thérapeute psychocorporelle, une psychomotricienne, une neuropsychologue, une thérapeute familiale et une facilitante Davis. Une orthophoniste doit nous rejoindre prochainement. Mais tout cela ne s’est pas fait en un jour !
Avant d’engager la constitution de ce réseau j’ai consacré beaucoup de temps à observer : les besoins des familles et les besoins des professionnels sur le terrain.
Concernant les familles, un grand nombre m’ont informée du manque de lisibilité sur le terrain. Souvent j’ai entendu : « On ne sait pas qui fait quoi ! », « Nous sommes perdus face à la multitude de professionnels, on ne sait pas qui aller voir »… Et j’ai croisé la route d’un certain nombre de familles totalement démunies et prises dans la spirale d’un véritable parcours du combattant dans lequel chacun se renvoie la balle sans qu’il y ait forcément de lien.
Du côté des professionnels, je suis allée sur le terrain afin de rencontrer différents corps de métiers accompagnant les difficultés et souffrances scolaires. Les échanges qui se sont installés ont fait ressortir des besoins de coordination concernant les prises en charges. En effet, chaque professionnel agit sur une sphère particulière et est parfois démuni quand il sent que sa seule prise en charge ne suffit pas. De plus, j’ai engagé des échanges avec de nombreux médecins qui m’ont confirmé ce besoin de coordination.
J’ai donc pris le temps de me poser afin de réfléchir à la manière dont je pouvais répondre à ces différents besoins. J’ai constaté que la richesse de l’approche intégrative que je proposais en psychopédagogie positive pouvait permettre de répondre à ce besoin de coordination face à des prises en charge plus complexes nécessitant l’intervention de différents professionnels.
J’ai toujours eu foi en l’intelligence collective et c’était là pour moi une évidence : il fallait se réunir pour mutualiser nos compétences et aussi offrir une meilleure lisibilité aux familles. Cela nous permet de gagner en efficacité et en cohérence en proposant des accompagnements prenant en compte toutes les dimensions pouvant faire obstacle à la réussite et au bien-être scolaire. Je crois que chaque approche, aussi performante soit-elle, comporte dans certains cas des limites. Ce qui est certain, c’est que pour ma part je ne voulais pas accéder à la prétention de détenir toutes les clés.
Pour les familles cela permet une porte d’entrée unique en psychopédagogie positive, ce qui constitue la grande valeur ajoutée du réseau. Plus besoin de se demander qui aller voir. En fonction de la difficulté rencontrée, soit un accompagnement unique en psychopédagogie est proposé, soit un accompagnement co-construit avec un ou plusieurs professionnel(s) du réseau. Plus besoin de tourner en rond.
Pour nous professionnels cela permet de sortir de la solitude, de partager des valeurs communes et un engagement fort au service des familles. Nous pouvons ensemble observer la réalité du terrain et grâce à la mise en place de groupes de travail nous pouvons échanger et progresser sur des thématiques plus difficiles à prendre en charge.
L’association porte la vie du réseau au sein de la Commission réseau. C’est un véritable engagement réflexif et non pas commercial ! Nous travaillons ensemble en nous réunissant périodiquement afin d’échanger sur les réalités du terrain, de procéder à une remontée des besoins et définir des thèmes de travail.
Une très belle dynamique collective s’est rapidement installée autour de ce projet et c’est un réel bonheur pour moi.

 

Peux-tu nous donner une définition du métier de praticienne en psychopédagogie positive

La psychopédagogie positive est une approche intégrative prenant en compte les dimensions cognitives, émotionnelles, corporelles et relationnelles. C’est véritablement la grande force de ce métier qui permet une vision très large et permet de proposer un accompagnement répondant aux besoins de l’apprenant.
Je fais souvent le parallèle avec la vision que peut avoir un médecin généraliste dans le milieu médical. En tant que psychopédagogue positive, soit je peux accompagner grâce à une très large boîte à outils, ou sinon je suis en mesure de réorienter vers un spécialiste et ça constitue pour moi une grande valeur ajoutée !

 

Christophe André « Imparfaits, libres et heureux »Tu portes un intérêt particulier à la souffrance scolaire, pourrais-tu nous recommander un livre qui t’a particulièrement touché sur le sujet

En grande lectrice que je suis ta question n’est pas simple pour moi ! Tellement d’ouvrages m’ont touchée…Mais je me laisse guider par mon instinct du moment et le titre qui me vient en écrivant est le livre de Christophe André « Imparfaits, libres et heureux ».
Il ne traite pas directement de la souffrance scolaire mais je le recommande à l’enfant intérieur des adultes qui ont pu souffrir de leur scolarité et qui ont le sentiment de ne pas être « eux-mêmes ». Si on veut avancer et faire évoluer le regard que l’on porte sur l’enfance je crois qu’il faut avant tout être en mesure de s’aimer soi-même. Cette lecture vous fera avancer sur le chemin de l’estime de soi. Je me dis que si tous parents avaient lu cet ouvrage, ils auraient beaucoup à apporter ensuite à leurs enfants pour leur permettre de se construire en portant avant tout un regard bienveillant sur eux-mêmes.

 

Notre formation a été intense à titre professionnel, mais aussi à titre personnel .. Veux-tu bien nous parler de notre relation particulière et de nos valeurs communes ?

Oh oui, cette formation a été très intense sur un plan humain, je te rejoins pleinement ! J’ai le sentiment que notre rencontre ne relève en rien du hasard. Je garde en mémoire notre partage lors du module de CNV notamment. Nos sphères personnelles se sont rejointes. Une simplicité et une sincérité se sont installées dans nos échanges, j’en ai été bouleversée et enchantée. Sans tout détailler ici je crois que nous sommes reliées par de fortes valeurs familiales communes. J’aime profondément les relations « vraies », sans artifice où chacun peut naturellement Être, et tu fais partie de ces personnes qui m’offrent ceci. Merci à toi Stéphanie pour ces forts moments d’échanges que j’espère encore nombreux.

 

Pour le mot de la fin, dis-nous comment nous pouvons te contacter et soutenir ton association

Pour ceux qui souhaitent en savoir davantage sur notre projet associatif vous pouvez nous retrouver sur notre site : association.dessinemoi1etincelle.fr
Tu parles de soutien dans ta question. Effectivement, comme toutes associations, nous avons besoin de soutien pour espérer faire perdurer notre engagement au service des apprenants, des familles et des enseignants. Des dons sont possibles et le formulaire est en ligne sur le site internet. Nous allons prochainement être reconnue association d’utilité publique, ce qui permet aux donateurs de bénéficier d’une déduction fiscale.
Ces dons nous permettent de financer des projets tels que l’organisation de manifestations pour le grand public sur le thème de la réussite et du bien-être scolaire. Mais également, à travers les dons, chacun contribue à la constitution d’un Fonds Solidaire pour permettre l’accessibilité aux accompagnements sur un plan financier pour le plus grand nombre…c’est ce que nous souhaitons ! Nous participons nous-mêmes à la constitution de ce Fonds Solidaire également en y dédiant un pourcentage de nos prestations lors de réalisation de conférences notamment.
Il est également possible de devenir membre adhérent pour s’engager dans l’aspect réflexif du projet. Toutes les précisions à ce sujet se trouvent sur le site.
Ce projet associatif, dédié à une cause qui me tient à cœur, est une magnifique aventure humaine que je souhaite longue, heureuse et fructueuse !
Mon mot de la fin sera pour toi Stéphanie.
Merci pour ta confiance
Merci d’Être…simplement
Merci pour ces précieux instants partagés
Merci de rayonner !

Merci Edwige

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